Les Charmettes
ou
quand les petits rêves font les grands bonheurs
Alors voilà, il y a quelques temps, Agnès m'a
demandé si je connaissais Fred Vargas.
Euh.... Ben le nom ne m'est pas inconnu, ça "rings a bell" comme dirait l'outre manchais, mais de là à dire que ce nom me parle...
Alors je suis allée farfouiller sur le net, et j'y ai appris que Fred est une femme, qu'elle est française, chercheur en histoire et archéologie au CNRS et que son nom est un pseudo qu'elle
utilise pour écrire ses "Rompol" (pour la traduction de ce mot barbare, faites comme moi, mettez vos neurones en branle...Arf Arf Arf).
Wouah, je m'suis dit, vu la saison: et si je demandais à PaPa Nowel de m'apporter un exemplaire, histoire que je découvre ?
Et là, dans sa grande bonté, PaPa Nowel n'en n'avait pas mis un, ni deux ni trois, mais 4 exemplaires (tous différents-si si) dans sa jolie Hotte (à prononcer avec le Hache aspiré, bien
sûr).
Et bien ce fut une belle rencontre.
Pouf pouf j'en prends un au hasard parmi les 4....
Oh et puis non je prends celui qui a été écrit en premier....
Oh et puis non, je prends celui dont le titre (ou alors la couverture ?) me plaît le plus....ça tombe bien, c'est celui qui a été écrit en premier...
Et je l'ai dévoré en trois jours.
Comme d'habitude, je vous livre ici les premières lignes puis un extrait.
" - Pierre, il y a quelque chose qui déraille dans le jardin, dit Sophia.
Elle ouvrit la fenêtre et examina ce bout de terrain qu'elle connaisssait herbe par herbe. Ce qu'elle y voyait lui faisait froid dans le dos.
Pierre lisait le journal au petit déjeuner. C'était peut être pour ça que Sophia regardait si souvent par la fenêtre. Voir le temps qu'il faisait. C'est quelque chose
qu'on fait assez souvent quand on se lève. Et chaque fois qu'il faisait moche, elle pensait à la Grèce, bien entendu. Ces contemplations immobiles s'emplissaient à la longue de nostalgies qui se
dilataient certains matin jusqu'au ressentiment. Ensuite, ça passait. Mais ce matin, le jardin déraillait.
- Pierre, il y a un arbre dans le jardin. "
Pages 26-27
" Ce fut leur première soirée dans la baraque de la rue Chasle. L'historien de la Grande Guerre était apparu,
avait serré les mains à toute vitesse, virevolté dans les quatre étages et puis il avait disparu.
Les premiers instants de soulagement passés, à présent que le bail était signé, Marc sentait revenir en lui les pires craintes. Ce contemporanéiste agité qui avait surgi
les joues blêmes, la mèche de cheveux bruns retombant sans cesse sur les yeux, la cravate serrée, la veste grise, les chaussures de cuir éculées mais anglaises lui inspiraient de sourdes
appréhensions. Ce type, sans même parler de la catastrophe que constituait son option pour la Grande Guerre, était insaisissable, entre raideur et laxisme, entre tapage et gravité, entre ironie
joviale et cynisme appuyé, et semblait se propulser d'un extrême à l'autre avec rage et bonne humeur brèves et alternées. Alarmant. Impossible de savoir comment ça pouvait tourner. Vivre avec un
contemporanéiste en cravate était un cas nouveau. Marc regarda Mathias qui tournait dans une pièce vide, la mine préoccupée.
- Tu l'as décidé facilement ?
- En trois mots. Il s'est mis debout, il a resserré sa cravate, il m'a posé la main sur l'épaule et il a dit: "Fraternité des tranchées, ça ne se discute pas. Je suis ton homme. " Un peu
théâtral. En chemin, il m'a demandé qu'est ce qu'on était, qu'est ce qu'on foutait. J'ai un peu parlé de préhistoire, d'affiches, de Moyen Âge, de romans d'amour et de moteurs. Il a fait la moue,
peut être à cause du Moyen Âge. Mais il s'est vite repris, il a marmonné quelque chose sur le brassage social des tranchées ou quelque chose de ce genre, et voilà tout. "
"
C'était bien..... plein d'humour avec une fin à tiroirs, comme je les aime. Lisez le ! Lisez
le.
Aux éditions J'ai lu, code ISBN: 978-2-290-35130-7
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